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Le Château d’Ecouen abritant le Musée National de la Renaissance 1/2

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août 3, 2012 par Pierre Bouchart

                                   

            Les châteaux du Val de Loire s’identifient à une constellation d’étoiles brillant de tout l’éclat de la Renaissance. L’une d’entre elles est à leur image :

le CHATEAU D’ECOUEN, situé seulement à 20 kms de Paris.

            Dressé fièrement sur une éminence escarpée, il domine la ville d’ ECOUEN et embrasse un large panorama de plaines ondulées du Pays de France.

            Bâtisseur, Anne de Montmorency fait du château de Chantilly l’une des plus remarquables demeures de son temps. Quant à Ecouen, son château-fort de jadis est reconstruit de fond en comble. Les travaux s’étalent sur une longue période. Début des travaux : 1538.  Achèvement : 1555.

            Très tôt, les barons  de Montmorency profitent de la position favorable du promontoire surplombant le village d’ECOUEN et la PLAINE DE FRANCE pour y édifier un château-fort d’où il était possible de contrôler aisément le nord et l’est, routes naturelles des invasions.

            Anne de Montmorency, né en 1493 sous le règne de Charles VIII, meurt en 1567 sous celui de Charles IX. Héritier d’une longue lignée de guerriers, les seigneurs BOUCHARD-MONTMORENCY, le Connétable participe pratiquement à toutes les batailles dans lesquelles s’engagent les armées du Roi de France entre 1512 et 1567. Plusieurs victoires sont à son acquis :

            -  RAVENNE en 1512

            -  MARIGNAN en 1515

            -  Défense de MEZIERES en 1521, avec BAYARD

            -  Prise de NOVARE en 1522.

            En revanche, il subit plusieurs défaites :

            – LA BICOCQUE, SAINT-QUENTIN, PAVIE.

            Il est fait plusieurs fois prisonnier (à PAVIE, SAINT-QUENTIN, DREUX) avant de succomber à des blessures reçues le 10 novembre 1567, lors de la bataille de SAINT-DENIS contre les protestants.

            La défaite de PAVIE en 1525 appelle quelques commentaires de la plus haute importance :

            Après avoir été prisonnier à PAVIE avec FRANÇOIS 1er, le Connétable est libéré contre une rançon et se retrouve négociateur dans le traité de MADRID en 1526, qui aboutit à la libération du Roi et à la capture des dauphins HENRI et FRANÇOIS (enfants de France, âgés de 8 et 7 ans). Les négociations mettent fin à la première guerre de FRANÇOIS 1er et de CHARLES QUINT.

            En récompense, le roi offre à Anne de Montmorency le château de FÈRE-EN-TARDENOIS lors des noces du Connétable avec MADELEINE DE SAVOIE, nièce de LOUISE DE SAVOIE, et donc cousine du roi.

               De 1559 à 1567, Anne de Montmorency, animé par une foi fervente, est partagé entre sa fidélité envers le roi et le soutien qu'il apporte à une partie de sa parentèle (notamment ses neveux, les COLIGNY : Odet de CHATILLON  et l'Amiral de  COLIGNY), convertie à la Réforme. Il tenait à ménager les uns et les autres, ce qui a contribué à exacerber les haines et les antagonismes. Parfois chèrement acquises, les victoires du Connétable de Montmorency lui prêtèrent la réputation d'un guerrier rusé, mais timoré, parfois à la clairvoyance limitée. Par exemple, il découragea l'invasion de la PROVENCE par CHARLES-QUINT en 1526, appliquant pour la première fois la politique de la terre brûlée, mais sans oser poursuivre son adversaire en retraite.

            Tout au long de son parcours, Anne de Montmorency accumule les honneurs militaires: capitaine d'une compagnie à 25 ans, maréchal de France à 29 ans, Connétable à 45 ans. Titres honorifiques : Gentilhomme de la Chambre dès 1515, puis Grand Maître de France à partir de 1526. Il est aussi Gouverneur du Languedoc entre 1526 et 1541, puis de 1547 à 1563, capitaine de Saint-Malo, de Nantes et de la Bastille. Autrement dit, il fait véritablement fonction de principal ministre de FRANÇOIS 1er entre 1530 et 1541. Par ailleurs, il est fait duc et pair par HENRI II en 1551.

            Mécène des Arts, le Connétable joue un rôle primordial dans le domaine culturel. D'importants revenus fondés sur ses domaines (il possédait près de 600 fiefs)  lui permettent d'apporter sa contribution au développement des Arts et des Lettres. Il protège notamment Bernard PALISSY, potier, émailleur, écrivain français ; Jean GOUJON : pour le Connétable de Montmorency, il décore le château d'ECOUEN. Il est sculpteur. Jean BULLANT est également protégé par Anne de Montmorency. Il est l'architecte et le maître d'œuvre des deux châteaux : ECOUEN et CHANTILLY.

Une ombre plane toutefois sur les relations entre le roi FRANÇOIS 1er et ANNE DE MONTMORENCY : le Connétable de Montmorency a cru trop longtemps que CHARLES-QUINT cèderait le Milanais à la France; il a donc laissé ce souverain espagnol traverser gratuitement notre pays pour aller châtier les Gantois révoltés. Sa crédibilité lui a valu sa disgrâce. Exilé de la Cour par FRANCOIS 1er, le Connétable  se retire dans ses terres d'ECOUEN. La disgrâce est momentanée; il reste toujours fidèle à la couronne, d'où sa devise : APLANOS en grec, que l'on peut traduire ainsi : "Je ne suis pas comme une planète errante, je ne dévie pas".

            Lors de sa disgrâce, il est rappelé aux affaires par HENRI II. Le prénom féminin ANNE DE MONTMORENCY  peut, à juste titre, intriguer le lecteur. L'explication est la suivante : le Connétable de Montmorency était le filleul d'ANNE DE BRETAGNE, deux fois reine respectivement  sous CHARLES VIII et LOUIS XII.

    Quelques étapes importantes jalonnent l'histoire du château et de son Musée :

1789 : les collections et le mobilier sont vendus et dispersés à la Révolution. Mais, grâce à l'intervention de l'abbé GREGOIRE, le château est sauvé. Il servira tour à tour de lieu de réunions, de club patriotique, de prison et d'hôtel militaire.

15 décembre 1805 : par décret de NAPOLEON 1er, le château devient la première maison d'Educaton de la Légion d'Honneur, qui a pour mission de recueillir et d'éduquer les filles des militaires décorés de l'ordre de la Légion d'Honneur.

1807 : La maison d'éducation est ouverte sous la direction de Madame CAMPAN, qui s'était déjà vu confier l'éducation des enfants et des sœurs de l'Empereur.

1810 : EUGENE DE BEAUHARNAIS fait ériger une fontaine en l'honneur de sa sœur HORTENSE, reine de Hollande et mère de NAPOLEON III sur l'emplacement probable de la fontaine Madame, en souvenir de la Princesse ANNE PALATINE de BAVIERE, femme de Henri-Jules de BOURBON, Prince de CONDÉ.

24 mai 1814 : Par ordonnance de LOUIS XVIII, le château est rendu aux CONDÉ.

1830 -1850 : Le château est abandonné à la suite de la mort du DUC D'AUMALE.

29 juillet 1850 : Louis-Napoléon BONAPARTE, le futur NAPOLEON III, réaffecte le château en tant que maison d'éducation pour jeunes filles de la Légion d'Honneur.

1962 : Par convention entre la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur et le ministère chargé des affaires culturelles, le château d'ECOUEN est affecté aux affaires culturelles.

1974 : Début des restaurations du château.

- 25 octobre 1977 : Inauguration de la première tranche du musée, avec la présentation au public de la tenture de DAVID ET BETHSABÉE, en présence de VALERY GISCARD D'ESTAING, président de la République  et de Monsieur Bernard ANGELS, maire d'ECOUEN.

26 mars 1981 : Inauguration du musée.

-  16 février 1985 : Inauguration du deuxième étage du musée.

10 juin 1990 : Inauguration de la salle des tissus.

à suivre


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