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LOUVRES, UNE VILLE CHARGÉE D’HISTOIRE 1/3

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avril 25, 2012 par Pierre Bouchart

1ère partie

             Située en Pays de France, la ville de LOUVRES mérite un détour. Sa visite constitue une halte obligée en raison de son riche passé historique. Tout d’abord, il me paraît intéressant de connaître son origine et ses racines : remontons très loin dans le temps. Les Celtes l’appelaient LOVERA. Les Gaulois la nommaient LUPERA. Pour les Romains, le nom de LOUVRES venait certainement de LOUVERA, la louve, devenu LUVRA en latin.

 

En ces temps lointains, cette région était couverte de forêts. Ce nom désignait une zone peuplée de loups, une « terre de loups » pour alerter les voyageurs sur les dangers qu’ils encouraient face à de mauvaises rencontres. Aussi, n’est-il pas surprenant que le nom de « LUPARIEN » ait été donné aux habitants de LOUVRES, en raison de son origine latine LUPUS, le loup.

Deux saints de LOUVRES ont marqué de leur forte empreinte la région de Louvres :

- Saint-RIEUL qui, dès le IIIème siècle, christianisa toute la région de LOUVRES; il évangélisa la population et y mit tant de zèle qu’il termina sa vie comme évêque de SENLIS.

- Saint-JUSTIN fut martyrisé. Jeune enfant de neuf ans, pourchassé par les soldats romains, il se réfugia avec sa mère et son frère dans une grotte où coule la source dite de Saint-Justin qui alimente encore aujourd’hui le « gué », abreuvoir à chevaux. Lancés à sa poursuite, les soldats romains l’ont finalement retrouvé et décapité malgré son très jeune âge.

La Reine BLANCHE DE CASTILLE (1188-1252) a été probablement à l’origine de la renommée de LOUVRES, ville que la Reine aurait traversée souvent en se rendant à l’abbaye de ROYAUMONT où elle aimait effectuer de nombreuses retraites.

Elle créa un Hôtel Dieu au XIIIème siècle, destiné à accueillir les pèlerins. Cet édifice, avec son portail, situé rue de PARIS, fait partie intégrante du patrimoine de LOUVRES et porte le nom d’ « HOTEL DIEU DE BLANCHE DE CASTILLE », manière d’honorer la mémoire de cette reine reconnue pour ses grandes qualités de cœur.

LE ROI LOUIS IX, devenu le roi SAINT-LOUIS

Saint-Louis a fondé à PARIS un hôpital ayant pour vocation de soigner les chevaliers chrétiens de retour de croisade.

A sa création, ces chevaliers étaient au nombre de trois cents, soit quinze fois vingt, raison pour laquelle l’hôpital s’appela QUINZE-VINGTS, connu encore aujourd’hui sous ce nom. Il convient de rappeler à cet effet que beaucoup de chrétiens-chevaliers, faits prisonniers par les arabes, avaient été relâchés après avoir subi de graves sévices conduisant à la perte de la vue.

Blanche de Castille et Saint-Louis ont offert en apanage à l’hôpital des Quinze-Vingts de nombreuses terres de rapport dont une bonne partie provenait de LOUVRES.

A noter également qu’au XIIIème siècle, LOUVRES comptait déjà plusieurs fondations religieuses à vocation hospitalière, dont une léproserie.

LES SEIGNEURS DE LOUVRES

La première lignée des seigneurs de LOUVRES au XVème siècle est la famille d’ORVILLE. Le blason actuel de la commune qui représente « un lion aux pattes largement déployées, surmonté de la couronne ducale » était,  pense-t-on,   à l’origine de   celui d’une famille de LOUVRES. Très fortifié, le château d’ORVILLE est doté d’un donjon central. Celui-ci défendait l’entrée de  la vallée vers le sud et verrouillait la route de GONESSE à SENLIS. Il est probable que des masures entouraient le château. Ainsi, les habitants se mettaient-ils  à l’abri des murailles en cas de danger.

Notons le passage du roi JEAN à LOUVRES en 1534 où il fit un séjour, ce qui lui donna l’occasion d’édicter une charte.

Par ailleurs, une chronique de Christine de PISAN, femme de lettres, nous fait savoir que CHARLES IV, empereur d’Allemagne, fit une halte dans cette ville lorsqu’il vint à PARIS  en 1377. Le roi de France CHARLES V se chargea de l’y envoyer chercher en grand équipage.

En 1545, le roi FRANÇOIS 1er permit aux habitants de LOUVRES de clore leur bourg au moyen de murailles. Des remparts de LOUVRES, il ne subsiste aujourd’hui qu’un pan de mur. Lorsque les remparts sont construits, les échanges avec l’extérieur se font par les quatre portes de la ville, aménagées de manière à permettre une échappée sur les autres points cardinaux : la Porte de SENLIS, vers le nord ; la porte de PARIS, vers le sud ; la porte de PONTOISE, vers l’ouest ; la porte de MEAUX, vers l’est.

LOUVRES : un lieu de pèlerinage réputé.

Il faut savoir avant tout que LOUVRES fut un village riche. Cela est dû à une raison : la commune devint un lieu de pèlerinage très important. Les habitants vouaient tout particulièrement un culte à Saint-Justin, décapité à LOUVRES au IVème siècle. De ce fait, ils contribuèrent au rayonnement de leur ville. L’élan de la foi qui animait l’homme médiéval l’amenait à se rendre dans les hauts lieux de culte : Saint-Jacques de Compostelle, le Puy-en-Velay, par exemple.

LOUVRES doit donc sa réputation à Saint-Justin.

La ville devient un lieu privilégié, car elle possède toutes les infrastructures nécessaires. De nombreuses auberges se créent pour loger, nourrir et accueillir les pèlerins, les voyageurs et les soldats.

LOUVRES : une étape entre PARIS et le NORD.

C’est une route de communication très importante par laquelle passe tout le trafic de voyageurs et marchandises. Tout ce qui monte vers le nord, venant de PARIS, transite par LOUVRES pour trouver gîte et couvert à l’issue d’une première étape.

La rue de PARIS

La rue de PARIS constitue l’artère principale de LOUVRES.

Mais un point important est à souligner : elle ne s’appelait pas « rue de Paris ». Les rues ne portaient pas de nom ; il n’existait pas de plaques de rues. Celles-ci seront inventées et imposées en 1805 par Napoléon 1er.

Le nom de l’artère est seulement porté sur les cartes et les plans. Au fil du temps, nous connaissons les noms de la rue de PARIS sous différentes appellations, par exemple : Grand  chemin, chemin de Hollande, Grand chemin de Paris …

Des caves sous chaque maison

Chaque maison de la rue de PARIS est pourvue d’une cave à cette époque. Elle est une pièce très importante pour chaque foyer. Dès le XIIème siècle, elle sert à la conservation des aliments.

La cave peut servir également d’abri et de lieu de survie en des temps troublés où chaque ville est à la merci d’un pillage, d’un incendie.

Les escaliers d’accès aux caves débouchent dans la rue au pied de la maison. Aucune communication n’existe entre la maison et sa cave. En revanche, les communications sont nombreuses d’une cave à l’autre, sous la rue, et même d’un côté à l’autre de la rue. Cette structure était aménagée sous terre pour de simples raisons de sécurité, de fuite d’une maison à l’autre en cas de catastrophe imprévisible.

La prospérité de la ville

Elle la doit à ses auberges en grand nombre autour desquelles se sont articulés des petits métiers, des commerçants et artisans, soit en façade des maisons, soit dans les cours des maisons, soit dans les venelles de proximité : boulangers, charcutiers, grainetiers, etc… En résumé, depuis le Moyen-âge et jusqu’à la fin du XIXème siècle, la rue de PARIS, artère passante, constituait un lieu privilégié de vie collective.

Les auberges, au moins une quinzaine, jalonnaient à elles seules cette rue. Précisons à cet effet qu’il convenait de loger tous les voyageurs, toutes les troupes qui transitaient par LOUVRES. Tel est le cas, par exemple, de CHARLES IV d’Allemagne, de PHILIPPE LE HARDI, de CHARLES LE TÉMÉRAIRE, dont les soldats occupaient, pour ainsi-dire, toutes les auberges de la ville.

La rue de PARIS et son « gué »

En bas de la rue de PARIS se situait le « gué », point d’eau alimenté par la source Saint-Justin venant de ROISSY. Au fil des siècles, dès le Moyen-âge, il fut aménagé pour les besoins de la population : abreuvoir pour les chevaux, fontaine pour les ménagères du village, donc point de rencontre, d’échange d’informations. En période de canicule, le gué servait de piscine pour les enfants trop heureux de s’ébattre dans l’eau.

 

  (à suivre)

 


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