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Madame CAMPAN

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janvier 23, 2016 par Pierre Bouchart

Sa vie

Mme CAMPAN, figure incontournable d’Écouen, née Henriette Genet à Paris en 1752 d’un père roturier, entra à la Cour à quinze ans et devint lectrice des filles cadettes de Louis XV.

Dotée d’un tempérament vif et déterminé, elle fut nommée en 1734 première femme de chambre de Marie-Antoinette, qu’elle servit jusqu’en 1792.

Attentive, observatrice, intelligente, Mme Campan partagea non seulement l’intimité de la reine, mais aussi de nombreux secrets d’Etat.

En mai 1774, elle épousa Pierre Bertholet Campan, maître de la garde-robe de la comtesse d’Artois et natif de la vallée de Campan et donna naissance à un fils, Henry, en 1784. Epoux volage et peu sérieux, elle s’en séparera assez rapidement.

Après l’exécution de Louis XVI, elle se réfugia au château de Coubertin avec sa sœur. Celle-ci décéda, et Mme Campan recueillit ses trois nièces.

En 1794, elle ouvrit l’institution nationale de Saint-Germain. Puis l’institution fut transférée à l’hôtel de Rohan, rue des Ursulines à Paris. En août/septembre 1795, Hortense de Beauharnais, âgée de 12 ans, arriva à l’institution.

Le 9 février 1805, Mme Campan fut reçue par l’Empereur, qui l’entretint de son projet des Maisons d’éducation pour les filles des membres de la Légion d’honneur. En octobre1807, elle s’installa à Écouen.

Elle n’habitait pas au château, mais avait loué une maison à proximité. Nous n’avons pas d’adresse exacte, mais nous avons trouvé la description d’un tableau qui la représentait. « La petite maison » d’Écouen, école française, huile sur toile 0,57×0 ,73.

Historique, ce tableau appartint, sa vie durant, à Clotilde, nièce de Murat, duchesse de Corigliano, qui ne s’en sépara jamais tant elle accordait de prix aux souvenirs d’enfance qu’il évoquait pour elle. Mme Campan avait loué, près du château d’Écouen, une maison où elle avait rassemblé des souvenirs précieux relatifs à Marie-Antoinette. Elle y réunissait ses élèves préférées qu’elle entretenait longuement de sa jeunesse à Versailles, du passé, de ses projets (cf S. Ory « Les soirées d’Écouen »).

Au premier plan, à gauche, un groupe de paysans, attelage, chevaux. Derrière eux, un mur d’enceinte peu élevé, la porte ouverte  laissant voir une grande cour avec une petite église de village, à deux tours. Au haut du clocher, une horloge dont le mouvement est dissimulé par la toile. Au centre, une maisonnette blanche à un étage (la petite maison de Mme Campan). À droite, les communs, bâtiments d’aspect simple devant lesquels des jeunes femmes s’affairent. À l’arrière plan, le bois d’Écouen. Ce pourrait êttre le paysage que les élèves découvraient de la terrasse de château et de la petite maison blanche où Mme Campan était chez elle. « Collection particulière ». (source : Mme Campan 1752-1822 — Château de Malmaison — Ministère des Affaires Culturelles, Réunion des Musées nationaux —Reuil-Malmaison 21 juin-30 octobre 1972).

En 1809, le 3 mars, l’Empereur, accompagné de Lacépède et de Terthier, vint la visiter.

Mme Campan eut l’honneur de faire découvrir, dans le parc du château, une jolie fontaine sur laquelle était gravé le texte suivant : « Eugène Napoléon, grand-duc de Francfort, vice-roi d’Italie, grand électeur de l’Empire, à sa sœur Hortense, reine de Hollande, princesse protectrice des Maisons impériales Napoléon » à Hortense qui, lorsqu’elle la visita en décembre, n’était plus reine de Hollande depuis six mois !

En 1810, l’Empereur décréta que six nouvelles maisons seraient ouvertes pour les filles des Légionnaires, ce qui vaudra pas mal de déboires à Mme Campan qui se voyait chapeauter l’ensemble des institutions. Mais ce projet n’aboutit pas.

Le 5 août 1811, l’Empereur revint à Écouen, accompagné cette fois-ci de Marie-Louise qui, en fait d’amabilités, ne fit que se plaindre d’avoir la migraine. Pourtant Mme Campan qui l’accueillait, avait été la première — et la dernière — femme de chambre de sa tante Marie-Antoinette.

Le 29 du même mois, ce fut le cardinal Fresch, grand aumônier des Maison impériales de Napoléon, qu’elle reçut en ces murs.

En 1813, Mme Campan écrivit à la reine Hortense qu’elle avait achevé ses mémoires. Le 10 août 1814, après l’abdication de Napoléon, elle quitta Écouen pour toujours, écrivant son immense tristesse  à la duchesse de Saint-Leu. En 1815, ruinée, elle reçut, grâce à l’intervention  du maréchal MacDonald, le titre de surintendante honoraire.

En avril 1815, à son retour, Napoléon ordonna, par décret, le rétablissement de la maison d’Écouen, mais cette mesure ne pu être exécutée.

En mars 1816, elle s’installa définitivement à Mantes-la-Jolie. En 1822, elle se fit opérer d’un cancer par le docteur Voisin, célèbre chirurgien de Versailles. Elle d écéda le 16 mas 1822. Elle repose dans l’ancien cimetière de Mantes-la-Jolie. Sur sa tombe, on peut lire : « Elle fut utile à la jeunesse et consola les malheureux ».

Ses œuvres posthumes :

-      Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette (1822)

-      Traité de « l’Éducation » (1824)

-      Journal anecdotique, et correspondance d’Henry Campan avec sa mère (1824)

-      Conseils aux jeunes filles (1825)

-      Théâtre d’éducation (1826)

-      Manuel de la jeune mère (1828)

-      Correspondance de Mme Campan avec la reine Hortense (1835)

-      Correspondance d’Annette de Mackau, comtesse de Saint Alphonse (1967)

Et surtout, concernant le sujet qui nous intéresse tout particulièrement :

-      Soirées d’Écouen, qui réunissent les propos de Mme Campan, recueillis par Stéphanie Ory (1880).

Madame Campan, qui fut une femme de devoir et dont le rayonnement laissa une marque indélébile sur les jeunes filles passées entre ses mains, n’a cependant pas reçu des gouvernements successifs de la France les honneurs auxquels elle aurait pu prétendre. Ni l’Empire, surtout après le divorce de Napoléon et de Joséphine, ni la royauté restaurée ne reconnurent ses mérites à leur juste valeur.


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