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NAPOLEON ET LA LEGION D’HONNEUR

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juin 4, 2015 par Pierre Bouchart

« Le vieux monde fut submergé. Quand les flots de l’anarchie se retirèrent, Napoléon parut à l’entrée d’un nouvel univers, comme ces géants que l’histoire profane et sacrée nous peint au berceau de la société, et qui se montrèrent à la terre après le déluge. »
Chateaubriand
Nous ne pouvions aborder ce chapitre sans plus belles paroles !

NAPOLEON

Napoléon Bonaparte naquit le 15 août 1769 à Ajaccio, en Corse, et décéda le 5 mai 1821 sur Ne Sainte-Hélène.
Objet dès son vivant d’une légende noire comme d’une légende dorée, il acquit une notoriété aujourd’hui universelle pour son génie militaire et politique, mais aussi pour son régime autoritaire et pour ses campagnes souvent coûteuses, soldées par d’extraordinaires victoires, mais aussi de cuisantes défaites.
Général de la Révolution française à 24 ans, il accumula les victoires spectaculaires en Italie et pendant la campagne d’Egypte, puis prit le pouvoir par le coup d’Etat du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799).
D’abord Premier Consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804, il se fit sacrer Empereur des Français, sous le nom de Napoléon ler, du 18 mai 1804 au 11 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815.
Il réorganisa et réforma durablement l’Etat et la société, portant le territoire français à son extension maximale avec près de 130 départements, transformant Rome, Hambourg ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il fut aussi président de la République italienne de 1802 à 1805, puis roi d’Italie de 1805 à 1814, médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813.
Il conquit et gouverna la majeure partie de l’Europe continentale et plaça les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Joseph sur celui de Naples puis d’Espagne, Jérôme sur celui de Westphalie, Louis sur celui de Hollande et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il créa aussi un grand-duché de Varsovie, et soumit à son influence des puissances vaincues comme la Prusse et l’Autriche.
Napoléon tenta de mettre un terme, à son profit, à la série de guerres que menaient les monarchies européennes contre la France depuis 1792. Il conduisit les hommes de la Grande armée, dont ses fidèles « grognards », du Nil et de l’Andalousie jusqu’à Moscou.
Comme le note l’historien britannique Eric Hobsbawm, aucune armée n’était allée aussi loin depuis les Vikings ou les Mongols. Malgré de nombreuses victoires initiales face aux diverses coalitions montées et financées par la Grande-Bretagne, l’épopée impériale prit fin en 1815 avec la défaite de Waterloo.
Toute une tradition romantique fit précocement de Napoléon l’archétype du « grand homme » appelé à bouleverser le monde. Elie Faure, dans son ouvrage « Napoléon » qui a inspiré Abel Gance, le compare à un prophète des temps modernes. D’autres auteurs tels que Victor Hugo font du vaincu de Sainte-Hélène un nouveau Prométhée. L’ombre de « Napoléon Le Grand » plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de Dostoïevski, de Tolstoï et de bien d’autres encore.
Il a institué ta Légion d’honneur, qui a géré la Maison d’éducation au château d’Ecouen. Pour cette raison, nous nous attarderons sur cette honorable institution avec tout l’intérêt qu’elle mérite, d’autant qu’elle est propriétaire du château d’Ecouen, qui, avec le parc, font partie de ses biens inaliénables.

CONSTITUTION DE LA LEGION D’HONNEUR

La Légion d’honneur rompit avec la tradition des ordres de l’ancien Régime en étant ouverte à tous, et non plus seulement aux nobles, officiers, riches et puissants. Comme certains y voyaient une atteinte au principe de l’égalité civique, Bonaparte, en conseil d’Etat, justifia cette institution : Je vous défie de me montrer une république, ancienne ou moderne, qui savait se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, et bien, c’est avec des hochets que l’on mène les hommes ».
La Révolution française avait en effet aboli toutes les décorations de l’ancien régime. L’Assemblée Constituante avait créé la décoration militaire. Bientôt, elle fut aussi supprimée. Sous la Convention, les généraux avaient pris pour habitude d’attribuer des armes d’honneur (fusil d’honneur, sabre d’honneur, ou encore tambour d’honneur) pour récompenser les actes de bravoure.
Le 14 juillet 1804 eut lieu en l’église des Invalides « le Temple de Mars » la toute première remise de Légion d’honneur par Napoléon Bonaparte aux officiers méritants au cours d’une fastueuse cérémonie officielle.
L’empereur, escorté par un brillant état-major, arriva aux Invalides à travers une double haie de soldats et fut reçu à la porte de l’église parle cardinal archevêque de Paris, à la tête de son clergé. Puis il alla s’asseoir sur le trône, entouré des colonels, des généraux de la garde, des grands officiers de la couronne, des grands dignitaires, des ministres, des maréchaux et de nombreux autres dignitaires. Sept cents invalides et deux cents élèves de l’Ecole Polytechnique formaient la garde.
La nef était occupée par les membres de la Légion d’honneur. Les décorations furent déposées au pied du trône, dans des bassins d’or. L’empereur remit personnellement toutes les décorations en adressant quelques mots à ceux de ses vieux soldats d’Italie et d’Egypte qu’il reconnaissait.
Ecoutons Coignet, simple grenadier de la vieille garde, illettré jusqu’à 30 ans, détenteur d’un fusil d’honneur gagné à Marengo, narrant dans ses fameux cahiers la remise des insignes dans l’église des Invalides :
‘Alors on appela : Jean Roch Coignet ! J’étais sur le deuxième gradin, je passai devant mes camarades, j’arrivai au par¬terre et au pied du trône. Là, je fus arrêté par Beauharnais qui me dit : « Mais on ne passe pas ». Murat lui dit : « Mon Prince, tous les légionnaires sont égaux, il peut passer ».
Je monte les degrés du trône. Je me présente droit comme un piquet devant le consul qui me dit que j’étais un brave défenseur de la patrie et que j’en avais donné des preuves.
A ces mots ‘Accepte la croix de ton consul », je retire la main droite qui était collée contre mon bonnet à poil, et je prends la croix par le ruban. Ne sachant qu’en faire, je redescendis les degrés du trône en reculant, mais le consul me fit remonter auprès de lui, prit ma croix, la passa dans la boutonnière de mon habit et l’attacha avec une épingle prise sur la pelote que Beauharnais tenait.
Je descendis, et traversant tout cet état-major qui occupait le parterre, je ne pouvais avancer, tant j’étais pressé par la foule qui voulait voir ma croix. Les belles dames qui pouvaient m’approcher pour toucher à ma croix demandaient la permission de m’embrasser.
Il est évident que ce passage n’est pas lié directement à l’histoire d’Ecouen ! Mais il donne la mentalité nouvelle de l’époque, qui sera confirmée par le mode d’éducation que vont recevoir les jeunes filles élevées à Ecouen, selon les instructions de Napoléon, et que nous verrons plus loin.

LA LEGION D’HONNEUR A ECOUEN

La première Maison d’éducation de la Légion d’honneur décidée par Napoléon fut donc installée au château d’Ecouen. La première rentrée y eut lieu le 17 novembre 1807. Cependant, le premier règlement ne fut réellement établi qu’en 1809.
On se souvient qu’en 1814, Louis XVIII rendit le château aux Condé, qui le laissèrent plus ou moins à l’abandon à partir de 1830 ; il redevint propriété de la Légion d’honneur à partir de 1838.
En 1851, l’ancienne « Maison des orphelines de la Légion d’honneur » de l’hôtel de Corberon à Paris, devenue succursale de La Maison d’éducation de Saint-Denis depuis 1821, fut transférée à Ecouen par Napoléon III, sous la direction de la Congrégation de la Mère de Dieu.
Les soeurs, responsables des orphelines des officiers subalternes, occupèrent le château de 1851 à 1881. Après cette date, la Maison d’éducation redevint laïque, sous l’égide de la Légion d’honneur

ECOUEN TRÉSOR D’ARTS ET D’HISTOIRE


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