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CONSPIRATION DEJOUEE CONTRE LE PREMIER CONSUL BONAPARTE

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avril 4, 2015 par Pierre Bouchart

Le 7 avril 1804, PICHEGRU, général, se suicide en prison. En juin, le général MOREAU part pour l’exil, CADOUDAL est guillotiné. lors de son premier interrogatoire, ce dernier a avoué qu’il avait attendu, avant d’entamer sa conspiration contre le Premier Consul BONAPARTE, l’arrivée à PARIS d’un prince de sang. BONAPARTE, averti, est entré en colère. Pensant que ce prince était peut être le duc d’ENGHIEN, alors réfugié à ETTENHEIM, en pays de Bade, il fait enlever le descendant du Grand Condé par un escadron de dragons. Sur son ordre, le prisonnier est conduit de Strasbourg à Vincennes. Il croit naïvement qu’on le gardera en otage. En fait, le drame de Vincennes va retentir profondément en France et en Europe.

Dans un extrait des MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE, CHÂTEAUBRIAND évoque la disparition du duc d’ENGHIEN :

« J’AI ERRE SUR LA PELOUSE  »

« Chantilly, novembre 1838.

Mort du duc d’Enghien.
Comme aux oiseaux voyageurs, il me prend au mois d’octobre une inquiétude qui m’obligerait à changer de climat si j’avais encore la puissance des ailes et la légèreté des heures : les nuages qui volent à travers le ciel me donnent envie de fuir. Afin de tromper cet instinct, je suis accouru à Chantilly, j’ai erré sur la pelouse où de vieux gardes se traînent à l’orée des bois. Quelques corneilles, volant devant moi, par-dessus des taillis, des clairières, m’ont conduit aux étangs de Commelle. La mort a soufflé sur les amis qui m’accompagnèrent jadis au château de la reine Blanche : les sites de ces solitudes n’ont été qu’un horizon triste, entrouvert un moment du côté de mon passé. Aux jours de René, j’aurai trouvé des mystères de la vie dans le ruisseau de Thève : il dérobe sa course parmi des prêles et des mousses ; des roseaux le voile ; il meurt dans ces étangs qu’alimente sa jeunesse, sans cesse expirante, sans cesse renouvelé ; ces ondes me charmaient quand je portais en moi le désert avec des fantômes qui me souriaient, malgré leur mélancolie, et que je parais de fleurs. Revenant le long des haies à peine tracées, la pluie m’a surpris ; je me suis réfugié sous un hêtre : ses dernières feuilles tombaient comme mes années ; sa cime se dépouillait comme ma tête. Il était marqué au tronc d’un cercle rouge, pour être abattu comme moi. Rentré à mon auberge avec une moisson de plantes d’automne et dans des dispositions peu propres à la joie, je vous raconterai la mort de M. le duc d’Enghien, à la vue des ruines de Chantilly.  »

François-René de CHÂTEAUUBRIAND

Mémoires d’outre-tombe

 


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